Friandises littéraires
Avant-propos
Saviez-vous que les voitures de sport nuisent gravement à la santé des écrivains ? que les experts ne sont toujours pas d’accord sur l’origine du pseudonyme de Voltaire ? qu’Alexandre Dumas s’est battu en duel contre un de ses nègres ? que le prénom de tous les personnages féminins de Pierre Benoit commence par un a ? enfin, que l’on ne peut démissionner de l’Académie française ?
Pourriez-vous citer de mémoire toutes les insultes du capitaine Haddock, la liste des étudiants de Poudlard, les identités derrières lesquelles se cache Arsène Lupin, les noms et prénoms des détectives les plus célèbres, l’emplacement des tombes des littérateurs, les coups bas et autres chausse-trapes des prix littéraires, les plagiats les plus connus, ceux qui se cachent derrière un pseudo, les maîtresses « officielles », les écrivains emprisonnés, guillotinés, fusillés, déportés, suicidés ? « Ce qui est redoutable pour les écrivains, disait très justement Jacques Chardonne, c’est qu’ils écrivent ; et même ils se font voir et entendre partout où cela est possible, en toutes saisons. » Connaît-on d’autres activités, non artistiques, qui suscitent autant de fantasmes et de « vocations » ? A-t-on déjà entendu un quidam non médecin s’écrier dans un dîner en ville : « Une appendicectomie ? Mais je vous en fais dix tous les matins au petit déjeuner » ?
C’est ainsi que l’histoire de la littérature pourrait tout aussi bien se résumer à une longue litanie de carences, défaillances et autres travers des auteurs que l’éditeur se doit de gérer à vue : retards, « pertes » d’inspiration, doutes à 3 heures du matin, manuscrits qui partent en vrille, dipsomanie et autres addictions illicites, problèmes de couple, d’argent, d’huissiers, de susceptibilité, d’ego… Sans oublier l’insondable génie créatif des excuses bidon de l’auteur en retard ! Combien d’éditeurs ont l’étrange sensation d’être des psys, des banquiers, des confesseurs, des conseillers informatiques, des rebouteux de l’âme et du corps, des redresseurs de torts, avant d’être tout simplement des intermédiaires entre l’auteur et le lecteur ?
Reste la magie de ces mots qui, mis bout à bout, nous donnent à rêver, voyager, espérer, découvrir. Et restent ces auteurs qui, de l’Antiquité à nos jours, inlassablement, noircissent du papier.
Nous les présentons ici sous un angle plus quantitatif que qualitatif, listés, synthétisés, montrés du doigt. Mais que l’on ne s’y trompe pas : qui aime bien châtie bien. Cette mise en fiches exalte, avec tendresse et admiration, leur immense talent et leur incroyable force de travail.
Ne cherchez donc plus. Voici plusieurs centaines de faits surprenants, décalés, insolites, ahurissants, inattendus, singuliers, que l’on ne vous a pas appris à l’école.
Tout ce que vous avez toujours voulu savoir – et ne pas savoir – sur la littérature se trouve dans ce recueil, où l’inutile confine à l’indispensable.
Du moins faut-il l’espérer !










